Accueil News Lutte contre le racisme : Facebook retire les comptes du groupe américain d’extrême droite Patriot Prayer Avec AFP

Lutte contre le racisme : Facebook retire les comptes du groupe américain d’extrême droite Patriot Prayer Avec AFP

par dakarly

Facebook a retiré les comptes du groupe américain d’extrême droite Patriot Prayer, impliqué dans des violences contre des manifestants antiracisme à Portland depuis des semaines, et dont l’un des membres est a été abattu samedi.

Dans la ville de Portland, dans le nord-ouest des Etats-Unis, des manifestants protestent sans relâche contre les brutalités policières depuis la mort du quadragénaire noir George Floyd sous le genou d’un policier blanc à Minneapolis fin mai. Mais des partisans de Donald Trump, dont des membres de mouvements suprémacistes blancs comme les Proud Boys ou les Patriot Prayer, défient régulièrement les militants du mouvement antiraciste Black Lives Matter.

Les réseaux sociaux multiplient les mesures préemptives à l’approche du 3 novembre – interdiction de mouvances extrémistes, démantèlement d’opérations de désinformation, réunions avec les autorités, simulations de scénarios catastrophe, etc – afin de se préparer à de possibles tensions dans l’attente des résultats.

« Bannir les milices violentes »

Les pages de ce groupuscule ont été enlevées de Facebook et Instagram « dans le cadre de nos efforts en cours pour bannir les milices violentes de notre plateforme », a indiqué Facebook à l’AFP vendredi.

Un membre des Patriot Prayer a été tué par balle samedi. Le suspect de ce crime, qui se disait « 100 % Antifa », est mort cinq jours plus tard lors de son interpellation par des forces fédérales. Le groupe et son fondateur, Joey Gibson, ont toujours assuré qu’ils étaient une organisation chrétienne. Facebook a retiré les pages du groupe conformément à une mise à jour récente de son règlement pour mieux enrayer la propagation des mouvements incitant à la haine et aux violences.

Mi-août, le géant des réseaux sociaux a ainsi banni ou imposé des restrictions à des milliers de comptes d’extrême droite, notamment liés à la mouvance « QAnon », un ensemble de théories conspirationnistes propagées principalement par des partisans de Donald Trump.

Risque de violences à l’approche de l’élection présidentielle

La mobilisation des militants anti-racisme et de groupes extrémistes laisse craindre une explosion des violences à l’approche de l’élection présidentielle, dans un pays profondément divisé, en récession et en difficulté face à la pandémie de coronavirus. Des militants d’extrême gauche s’opposent régulièrement aux forces de l’ordre depuis plus de trois mois.

« L’extrême droite exploite le climat politique extrêmement conflictuel, qui est devenu encore plus incertain à cause de la pandémie et des manifestations pour la justice raciale », estime dans un rapport le Southern Poverty Law Center (SPLC), qui surveille notamment les groupes extrémistes, en jugeant « bien réel » le risque de violences politiques avant les élections.

Face à l’extrême droite se trouve une coalition encore plus hétéroclite que le président Trump regroupe sous le mot-tiroir « antifa » (pour antifaciste) et accuse d’être des « agitateurs, des anarchistes ou des émeutiers ». En son sein, « il y a de simples voyous qui aiment se battre et des gens qui veulent vraiment lutter contre les suprémacistes blancs », juge Daniel Byman de la Brookings Institution. Et, selon lui, ils sont « encore moins organisés » que leurs adversaires, ce qui augmente le risque de débordements.

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